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Thesis Or Not Thesis ?

Thesis Or Not Thesis ?

Thesis or not thesis

Le mardi 26 novembre, des étudiants de l’ESBS et des intervenants d’horizons divers se sont réunis dans la petite salle D112 de l’API du Pôle afin de discuter des avantages et des inconvénients d’une thèse/doctorat. Les conférenciers ont présenté leur parcours académique et les étudiants ont pu leur poser des questions sur leur expérience de la thèse.

Les intervenants :

  • Nathan Dilda, ancien étudiant de l’ESBS, travaille actuellement chez Octopharma en tant qu’ingénieur en support de production. Il a décidé de ne pas faire de doctorat. Il a décidé de rejoindre le programme d’études supérieures proposé par d’Octopharma afin pour découvrir tous les aspects d’une entreprise pharmaceutique. Ce programme dure 2-3 ans pendant lesquels on passe par tous les départements de l’entreprise avant de rejoindre le programme de son choix à la fin du programme. Selon lui, son parcours ESBS n’est pas très utile au quotidien car son travail nécessite un mode de pensée et des connaissances scientifiques générales. Mais d’après lui, le fait de venir d’une école trinationale est vraiment un plus sur le CV.
  • Xavière Lornage vient d’obtenir son doctorat à l’IGMC (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire) et poursuit actuellement des études post doc. Elle a vraiment apprécié son doctorat et décrit cette expérience comme “excitante”. Selon elle, un doctorat permet d’apprendre à gérer un projet, à bâtir des collaborations et à rencontrer de nouvelles personnes par le biais de conférences. Mais l’essentiel d’après elle, c’est le sentiment d’être utile en travaillant sur un projet ayant de réelles applications médicales. Un doctorat est une expérience personnelle mais exigeante. On doit choisir le laboratoire avec soin et s’assurer qu’il a es ressources nécessaires. Lors d’une thèse,  un chercheur a beaucoup de liberté, mais cela signifie aussi qu’il doit être proactif pour trouver des réponses à ses questions. Un doctorat est un vrai travail à plein temps et exige du professionnalisme, surtout dans la gestion des conflits en laboratoire.
  • Jérôme Erhart a commencé sa carrière en étudiant la chimie. Il a fait un doctorat en chimie et des études postdoctorales en nanomédecine. Mais après avoir travaillé 5 ans en laboratoire, il s’est rendu compte que ce n’était pas ce qu’il voulait faire. Il a ensuite fait un MBA (Master of Business Administration) en gestion d’entreprises de biotechnologie et a commencé à travailler comme consultant. Il travaille aujourd’hui à BPI France (banque) et participe au financement de start-up et de projets d’innovation grâce à son expertise scientifique. Dans son entreprise, il est le seul à avoir un doctorat. Cette expérience lui a permis d’acquérir l’expertise nécessaire pour travailler avec des entreprises de pointe. En effet, il a besoin d’une solide formation scientifique pour discuter pleinement avec clients de leurs projets.
  • Nicholas Kern a commencé sa carrière en tant que technicien en chimie organique. Après avoir travaillé  dans de l’analyse pour l’industrie des polymères, il s’est lassé de “pousser les boutons” et a décidé de poursuivre une maîtrise et un doctorat en chimie. Selon lui, faire un doctorat a vraiment changé sa vie car il lui a permis d’atteindre un nouveau niveau de connaissances et de compétences. Après son doctorat, il a fait des études post-doctorales à Manchester et il travaille maintenant pour le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Le doctorat et les études postdoctorales lui ont permis de satisfaire sa nature curieuse et de travailler sur de nouveaux types de chimie tout en étant bien payé. Son travail actuel consiste à passer du temps dans le laboratoire mais aussi à encadrer des étudiants (doctorat et master) et trouver des financements.
  • Laurent Jourdainne a fait son doctorat en physique il y a 12 ans. Il travaille maintenant pour Merck à un poste de cadre supérieur en développement. Son doctorat lui a fait comprendre qu’il n’était pas fait pour un poste universitaire. Son but est de développer des choses proches d’un produit. Il a continué ses études postdoctorales avant de se joindre à une entreprise privée, car il avait de la difficulté à trouver un emploi avec seulement un doctorat.

 

Les questions :

  • Comment choisir un laboratoire ?

Il faut commencer par se faire une idée de l’atmosphère en interrogeant directement les étudiants et les chercheurs et en visitant le laboratoire. Le côté humain est essentiel pour apprécier un doctorat.  On peut obtenir des informations en ligne (les financements sont parfois rendu publics). Il faut aussi jeter un coup d’œil aux publications provenant de ce laboratoire.

  • Que faire si je suis trop qualifié pour obtenir un emploi ?

Cela dépend vraiment de la position. Par exemple, le développement ne nécessite pas de formation spécialisée. Les RH peuvent craindre que vous vous ennuyiez à ce poste et que du coup vous démissionniez peu de temps après. Les gens peuvent avoir peur de personnes ayant beaucoup de diplômes et les RH ont souvent des difficultés à comprendre de quoi vous êtes réellement capable (le sujet de votre doctorat peut être trop compliqué pour eux). Mais cela peut être évité lors de la rédaction de votre CV. Ce qui compte vraiment, c’est la façon dont vous présentez votre carrière universitaire.

  • Et si je n’aime pas mon doctorat ?

Les gens peuvent partir à tout moment avant la fin de la première année. On peut vous demander de rendre votre salaire si vous ne soutenez pas votre thèse à la fin. L’une des principales raisons qui poussent les gens à abandonner leur thèse est liée aux relations humaines. Lorsque vous postulez pour un doctorat, vous devez être prêt à faire des efforts et prendre le temps de vous informer.

  • Comment saviez-vous que vous vouliez faire un doctorat ?

Cela dépend de votre curiosité, de si vous obtenez un financement (ce qui peut être plus facile si vous avez de bonnes notes),  de votre motivation (la science peut être super compétitive, surtout au niveau international) mais aussi des opportunités car les laboratoires peuvent aussi vous demander directement si vous voulez vous joindre à eux pour faire un doctorat suite à un stage.

  • Faut-il être patient pour faire un doctorat ?

Il faut pouvoir continuer à pousser les expériences pendant un certain temps mais les résultats vous diront souvent quand vous devez changer de plan La plupart du temps, les résultats sont progressifs et une progression quotidienne est vraiment stimulante. Il y a beaucoup de choses à faire en parallèle, surtout en biologie et vous êtes rarement au chômage. La patience et la persévérance jouent un rôle important dans l’obtention de résultats mais il faut aussi tenir compte de la chance.

Tous ont parlé de la différence entre la France et les autres pays en matière de diplôme d’ingénieur et de doctorat. En France, vous pouvez commencer à travailler directement après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur et il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat pour accéder à des postes élevés dans une entreprise. Mais à l’étranger, un doctorat est plus valorisé et il est plus facile de trouver un emploi directement après qu’en France. Il est encore difficile de trouver un emploi directement après un doctorat et les entreprises demandent souvent que vous ayez fait des d’études postdoctorales pour acquérir des compétences plus pratiques. Certaines entreprises vont même jusqu’à demander un MBA en plus du PhD pour des positions hautes dans la hiérarchie. Un doctorat peut être une expérience internationale car vous collaborerez sûrement avec des laboratoires internationaux. Faire un doctorat à l’étranger est très valorisé lorsqu’on revient travailler en France.

Un doctorat vous permet de développer de nombreuses compétences non techniques en plus d’une expertise dans votre domaine de recherche. Il faut être organisé et la hiérarchie est moins présente que dans les entreprises privées. Il n’y a pas le même besoin de respecter les délais et de définir les priorités. Mais ça dépend aussi du labo dans lequel vous travaillez. Ce ne sera pas la même chose si vous faites votre doctorat dans un cadre académique que si vous le faites chez une entreprise privée. Vous pouvez obtenir plus de financement mais il y a aussi plus de délais/réunions /contraintes dans un cadre privé.

Aucun n’a regretté ses choix de carrière. Quoi que vous fassiez, ce qui compte, c’est la façon dont vous valorisez votre expérience.

Un doctorat vous permettra d’acquérir une grande variété de compétences. Vous serez un spécialiste dans votre domaine de recherche mais vous développerez également de nombreuses compétences non techniques. Un doctorat ne dure qu’entre 3 et 6 ans selon l’endroit où vous le faites. En fin de compte, ce qui compte vraiment, c’est votre objectif personnel. Un doctorat peut mener à une carrière universitaire et pourrait vous permettre d’accéder à des postes plus élevés dans des entreprises privées. Mais cela demande beaucoup de travail de laboratoire et d’investissement personnel. La recherche universitaire peut être vraiment différente de la recherche en milieu privé. Thèse ou pas ? Vous êtes le seul à pouvoir répondre à cette question par vous-même.

 

Iris Barbier-Piguet

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